
Les pêcheurs André Maillet et Robert Maillet sauvent deux vies à Saint Thomas
Publié à 0h00 le jeudi 4 février 2010


La vie à la pêche peut être très agréable, mais elle comprend toujours un élément de risque. Léo-Paul Maillet, un pêcheur de 69 ans de Saint Thomas-de-Kent, est venu très près de perdre la vie jeudi de la semaine dernière lorsque sa motoneige a plongé à travers la glace de la baie de Bouctouche (presque en face de chez lui). Le temps doux et les gros courants avaient réduit l'épaisseur de la glace. Il était accompagné de sa fille Denise (qui était dans le traîneau à l'arrière) en se dirigeant vers ses Seine à "éplans" (éperlans). "J'avais passé là trois fois la journée d'avant et je croyais que la glace était encore bonne. J'étais debout sur ma motoneige pour voir la condition de la glace, mais quand je me suis aperçu, c'était trop tard. La motoneige a passé à travers la glace.", d'expliquer M. Maillet, qui s'est retrouvé dans l'eau jusqu'au cou. Il a réussi à se rendre au traîneau à la nage grâce aux encouragements de sa fille, malgré un fort courant marin. "Mon père était dans l'eau. Je l'ai aidé à monter dans la traîne. Lui était gelé. On était énervé. L'eau entrait dans la traîne. J'ai vu André et Robert qui s'en venaient. Ç'a semblé être une éternité. Mon père a tiré (lancé) un câble sur la glace."
Deux autres pêcheurs à proximité, André Maillet et son neveu Robert Maillet se préparaient à reprendre la côte lorsqu'ils ont vu l'incident se dérouler sous leurs yeux. Les deux anges gardiens se sont empressés de secourir Léo-Paul et Denise. "On était à la bonne place au bon temps", de dire André Maillet. "La glace était mince, de un pouce à 1½ pouce. La glace était lisse et elle craquait sous nos pieds. On s'est couché du ventre pour aller amarrer notre câble à celui tiré par Léo-Paul." Denise précise que son père devait se sauver le premier, car il était tout trempé et il avait froid. Il s'est accroché au câble et a réussi à se monter sur la glace sur son ventre, mais il a défoncé une 2e fois. André et Robert avaient de la difficulté à le faire avancer sur la glace, mais tout alla mieux lorsqu'André se servit de sa hache comme ancrage ce qui l'incite à dire qu'un long câble et une hache sont deux éléments nécessaires pour faire du sauvetage sur la glace.
Il fallait également sauver Denise avec l'aide du câble : " Je me suis traîné sur le ventre, mais je n'ai pas défoncé et je n'étais pas mouillé. Si Robert et André n'avaient pas été là, on ne serait pas en vie aujourd'hui. Quand j'ai laissé la traine, tout a calé au fond (il n'y avait rien de récupérer mardi matin)." Denise aime beaucoup la nature et elle ajoute qu'elle adore pêcher avec son père durant l'hiver et elle apprécie du temps de qualité tout en ayant l'occasion de manger du bon poisson frais.
"J'avais pu de force lorsqu'ils ont pu m'emmener sur la glace solide", de dire Léo-Paul, ce qui a été confirmé par Robert : "Il était temps qu'il arrive. On aurait pu tout y passer. Je tenais le câble assez dur et personne n'aurait pu me faire larguer le câble. Ça me halait sur la glace jusqu'à ce qu'André se serve de sa hache. J'étais fier qu'on a pu faire de quoi pour eux. Il admet avoir eu de la difficulté à dormir au cours des nuits suivantes. Je souhaite de n'avoir jamais besoin de revivre ça."
Léo-Paul affirme qu'il a dû monter le cap chez lui sur ses genoux parce qu'il était épuisé. Sa pression artérielle était haute et il a fallu un bon bain d'eau tiède pour l'arrêter de trembler. "Ma fille et ma femme m'ont bien soigné", ajoute celui qui était de retour sur la glace lundi matin en ajoutant qu'il est beaucoup plus prudent et plus nerveux. Il ressent toujours des douleurs au bras et aux côtes.
Selon Léo-Paul et Denise, il y avait quelqu'un qui veillait sur eux. Dans leur esprit, André et Robert sont des héros qui leur ont sauvé la vie. Ils ont risqué leur vie pour faire ce sauvetage. Pourtant, les deux héros n'avaient pas prévu d'aller à leurs seines cette journée là, mais un téléphone d'un client qui voulait de l'éperlan leur a fait changer d'idée heureusement pour Léo-Paul et Denise.
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